Un petit garçon tout lisse

Un petit garçon tout lisse

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Emilie FRÈCHE
Cléo GERMAIN (Illustrateur)
Un petit garçon tout lisse
Dès 9 ans


Qu'est-il arrivé à Tom pour qu'il devienne un garçon tout lisse, qui jamais ne rit ni ne pleure ? Il a deux secrets. Tom a peur de Clio, une jeune fille aux cheveux et aux yeux noir corbeau. Et Tom aime la fille au maillot blanc, cette mystérieuse inconnue croisée à la piscine. Deux rencontres fortes qui vont le bouleverser, au point de garder ses émotions sous clé, coincées à l'intérieur. Ses parents s'inquiètent. Comment percer à jour le secret de Tom et le faire sortir de sa coquille ? Ce que Tom ne sait pas, c'est que Clio et la fille au maillot blanc sont une même personne, qui elle aussi a du mal parfois à se laisser approcher...

 


INTERVIEW D’ÉMILIE FRÈCHE


Dans vos romans pour enfants, le sentiment de différence du petit garçon est au coeur du récit et l’isole de son entourage. Vous le mettez en scène face à sa peur de grandir, ses difficultés à exprimer ses émotions. Que désirez-vous transmettre aux jeunes lecteurs à travers ces thèmes ?


Leur dire que nous sommes tous des êtres singuliers, et que si cette singularité peut être au départ une source de souffrance parce qu’elle nous isole du groupe, c’est elle qui fait notre richesse. Être né un 29 février, c’est dur si on considère qu’on ne peut fêter son anniversaire qu’une fois tous les quatre ans. Mais si l’on décide que ce “jour qui n’existe pas” peut être remplacé par n’importe quel autre, alors ça devient un avantage. Il faut apprendre aux enfants à cultiver leur différence. Mais ce n’est pas simple, car tout dans la vie, à commencer par nos propres barrières morales, nous pousse à rentrer dans le moule. À ressembler aux autres.

 

Dans ces romans, le jeune héros se tourne finalement vers une personne âgée pour chercher les réponses à ses angoisses. Dans Chouquette (Actes Sud, 2010), vous évoquez la relation entre une grand-mère et son petit-fils. Ces rapports intergénérationnels sont-ils pour vous une source d’inspiration ?


Ce qui m’inspire, c’est la manière dont les choses se transmettent de génération en génération. C’est le fait que nous portons tous une histoire qui nous dépasse, et dont le poids est écrasant. Il faut alors y revenir, essayer de comprendre d’où on vient, pourquoi on agit ainsi, pourquoi on échoue dans tel domaine et excelle dans tel autre – bref, prendre la mesure de tout ce qui nous détermine. Nous sommes des relais. Nous ne sommes que les maillons d’une longue chaîne, d’où l’importance de ces relations intergénérationnelles. Et puis, plus prosaïquement, j’aime les vieux. Surtout les vieux bougres. J’aime leur mauvaise humeur, leur absence de culpabilité, la façon qu’ils ont de ne plus s’embarrasser des choses qui les ennuient. Les décrire est un plaisir.

 

Les blessures de l’enfance sont au coeur de votre prochain roman Deux étrangers (Actes Sud, janvier 2013). Comment avez-vous souhaité aborder ce thème en vous adressant à des adultes ?


Tous les adultes portent en eux l’enfant qu’ils ont été. Et l’enfance donne le la de nos vies. Qu’elle soit un paradis perdu ou une sorte de pays en guerre dont on s’est échappé, on ne se remet jamais de son enfance. Dans Deux étrangers, Élise en fait la douloureuse expérience. Elle a réussi à rompre avec un père tyrannique, elle travaille, s’est mariée, a fait deux enfants – et donc, s’imagine sauvée. Seulement, l’équilibre d’une vie est toujours très fragile, et le sien va basculer par sa faute. Une faute qui était signée, compte tenu de son enfance. Pour la réparer, il lui faudra parcourir les 2 500 kilomètres qui la séparent de son père, un voyage autant spatial que temporel.


Après trois romans parus chez Ramsay et deux documents autour de la mort d'Ilan Halimi, Emile Frèche signe chez Actes Sud Chouquette (2010) et Deux étrangers (à paraître en janvier 2013). En 2012, elle publie son premier roman pour la jeunesse, Un jour qui n'existe pas.



Cléo Germain est diplômée de l'Ecole de l'Image d'Angoulême. Après la bande dessinée Casquette vole aux éditions Carabas, elle a signé plusieurs histoires dans la revue Choco Creed. Aux éditions Actes Sud Junior, elle a illustré Les Sociétés animales à petits pas, La guerre et la paix à petits pas et Un petit garçon tout lisse.



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