Amour mortel

Amour mortel

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Gilles ABIER
Amour mortel
Dès 15 ans
Adolescent




Surmontant sa timidité maladive, Lucie a accepté l'invitation au restaurant d'Antoine. Mais ce qui devait être un dîner annonciateur d'un futur excitant se solde par la mort aussi imprévisible que violente du jeune homme. Pur hasard ou mauvais sort ? Lucie n'est qu'au début de son cauchemar...


Un thriller qui prend sa source dans de sombres secrets de famille.

 


QUESTIONS A GILLES ABIER

 

Auteur de romans des collections “cadet” et “ado” aux éditions Actes Sud Junior, vos lecteurs vous découvrent pour la première fois comme auteur de polar. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé vers ce genre ?


Ce n’est pas un acte réfléchi. Je suis chaque fois guidé par l’histoire que j’ai envie de raconter. Pour Amour mortel, je voulais suivre les péripéties d’une jeune fille embarquée malgré elle dans les tourbillons troubles d’un sombre passé familial. Je la voulais victime d’une époque, pas si lointaine, où le qu’endira- t-on générait du drame plutôt que de la bienveillance. Comme il y a des morts, une éventuelle malédiction, un possible coupable, on peut associer Amour mortel à un polar. En général, j’aime écrire, et lire, des textes qui nous conduisent quelque part, dont on a envie de connaître la fin. J’apprécie d’être saisi par une histoire au point de n’être satisfait qu’à sa conclusion.

 

L’héroïne d’Amour mortel, Lucie, est la victime d’une vengeance sans pitié. Pour se défendre, elle va elle-même dévoiler au fil du roman un profil plus obscur, manipulateur. C’est une caractéristique que l’on retrouve chez d’autres de vos personnages. Que cherchez-vous à montrer par cette ambivalence ?

 

J’ai une affection particulière pour les personnages qui se révèlent à eux-mêmes au cours d’un récit.
Que la confrontation aux aléas de la vie réveille. Je me demande souvent comment je me serais comporté dans certaines situations vécues par d’autres. Difficile de le savoir vraiment sans y avoir été confronté. Plutôt timide et réservée, Lucie a une existence sans histoire. Et puis d’un coup son quotidien bascule : alors qu’elle s’ouvre à l’autre, en l’occurrence un jeune homme qu’elle apprécie, il meurt violemment sous ses yeux. Elle lutte contre le chagrin, l’ignore, le rejette pour finir par s’en emparer. Comme dans J’me sens pas belle, il ne s’agit pas d’ambivalence mais plutôt de la domination des sentiments. Comment s’y soustraire ? À un moment précis, Lucie a le choix. Le choix de faire confiance à la justice, ce qui suppose un certain abandon émotionnel. Elle préfère s’allier à la rage qui la consume.

 

La fin de votre roman est un retournement complet, qui remet en question toute notre lecture du récit. Cette pratique du “twist” final se retrouve dans plusieurs de vos romans, comme J’me sens pas belle par exemple. En quoi cette structure narrative est-elle intéressante ?


On passe notre vie à interpréter. Les bribes d’une conversation qu’on intercepte, un couple qui avance devant nous : sûrement un père et sa fille, se dit-on... Il est impossible de faire autrement. On rapporte tout ce qu’on voit, tout ce qu’on entend à une histoire qu’on se construit dans la tête, en se basant sur des présupposés (ou des préjugés). Mais il est difficile d’être au coeur de la vérité. Alors dans mes histoires, je fais pareil. On peut lire Amour mortel sans connaître l’épilogue et on aura un récit complet, abouti. Mais si on lit l’épilogue, on apprend une information qui éclaire d’un nouveau jour le noeud de l’intrigue. Au point d’avoir à reconsidérer la relation des personnages les uns aux autres. Certains comportements s’expliquent mieux, se justifient presque… C’est comme si au dernier moment, je déplaçais le lecteur, que je le poussais à considérer l’histoire d’un autre point de vue… pour une nouvelle interprétation !


2014 : Prix "Roman & sac à dos" (de la ville du Bouscat)

GILLES ABIER est né en 1970 à Paris. Son premier roman, Fausses compagnies, est publié chez Actes Sud en 2000. Depuis, il écrit aussi pour la jeunesse et toute son oeuvre est publiée chez Actes Sud Junior. Derniers titres parus : Amour mortel, J’me sens pas belle, Noël au placard, Un départ en fanfare,  Calicia, 7 ans, magicienne, La chasse à l'amoureux , Le nouveau roi de France et Comment je me suis débarrassé de ma mère.



http://www.gilles-abier.fr


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