20 pieds sous terre

20 pieds sous terre

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Charlotte ERLIH
20 pieds sous terre
Dès 15 ans
Adolescent


Un coup de téléphone et la vie de Manon bascule. Son frère Théo est mort électrocuté par le troisième rail du métro parisien. Au-delà de la douleur, une foule de questions reste en suspens. Que faisait Théo en pleine nuit dans le tunnel reliant les stations Père Lachaise et Gambetta ? Quelle double existence menait-il ? Terrible accident ou crime sordide ? Une enquête souterraine dans le dédale du métro parisien et le monde clandestin du graf.

 


INTERVIEW DE CHARLOTTE ERLIH



Auteur de Bacha Posh aux éditions Actes Sud Junior, 20 pieds sous terre est votre premier roman dans la collection “Thriller”. Qu’est-ce qui vous a attirée vers ce genre ?


Tout d’abord, le fait que j’ai beaucoup de plaisir à en lire ! Ce qui me plaît dans le thriller, c’est la présence d’une intrigue prenante. Le procédé de l’enquête rend la lecture ludique. Active. On essaie de deviner ce qui s’est passé, de comprendre les faits avant l’enquêteur.
L’autre dimension qui m’attirait dans ce genre, c’est de pouvoir aborder en toile de fond, sans presque en avoir l’air, pour ainsi dire, des thématiques qui me tiennent à coeur, comme le deuil, l’intolérance et le racisme croissants dans notre société. Thèmes “sérieux” que j’aurais trouvés peut-être trop lourds à traiter frontalement pour des adolescents, mais qui, portés par l’intrigue, résonnent de manière plus insidieuse.

 

L’intrigue de 20 pieds sous terre se déroule essentiellement dans le milieu du graf, dans des lieux souterrains, en marge : pourquoi ce choix de décor ?


D’abord pour une raison esthétique : j’aime regarder les grafs ! J’aime leur présence dans le métro, sur les murs extérieurs des lignes du RER, sur certains murs parisiens. Ils font partie du panorama urbain dans lequel je me sens bien. Ensuite, ce qui me plaisait dans ces lieux marginaux et notamment souterrains, c’est le mystère qu’ils véhiculent. Cela me fascine d’être entourée d’images qui fleurissent sur les murs, sans jamais les voir en train d’être faites ! J’avais donc envie de me plonger dans l’envers du décor urbain, de rencontrer ceux qui contribuent à façonner notre environnement en cachette, au péril parfois de leur vie.
Je vois enfin dans le monde du graf un mélange de révolte et de romantisme, de rébellion et de poésie, de destruction et de création. Cocktail paradoxal et explosif qui me semble proche des adolescents !


“À la sortie de son cours, Manon se laisse happer, sans réfléchir, par la bouche de métro la plus proche et grimpe dans un wagon. Elle ne poursuit aucun but, ne cherche à aller nulle part, ne souhaite même pas revoir le graf de son frère qu’elle a entraperçu la veille. Elle veut simplement être là, dans le métro. Bercées par le ronronnement du train, ses pensées vagabondent. Bientôt, une myriade d’interrogations l’assaillent (…). Depuis combien de temps son frère hantait-il les sous-sols parisiens, pourquoi a-t-il commencé à taguer, avec qui, comment a-t-il su se frayer un chemin dans les labyrinthes du métro, comment a-t-il pu se laisser surprendre par le troisième rail ? (…) Mais brusquement, elle en est certaine. C’est impossible. Non pas que Théo ait été dans le métro jeudi soir alors qu’il était censé réviser un partiel, ni qu’il ait tagué en douce depuis des mois peut-être, ni même qu’il soit mort. Ce qui est impossible, c’est que son décès soit accidentel. Théo n’aurait jamais trébuché sur le troisième rail.”

2016 : Prix Passages - Bassin de Valence (Drôme)
2017 : Prix des lycéens allemands

Normalienne et agrégée de Lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les Arts du spectacle à l'Université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation.
Chez Actes Sud Junior, elle est l'auteur de Bacha Posh (récompensé par de nombreux Prix dont, le Prix NRP et le Prix Sésame), 20 pieds sous terre (Prix des lycéens allemands) et Highline.



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